Archives

BENVENUTA : UNE PASSION SELON RILKE +

Une soirée romantique de lecture et de musique

Le 26 janvier 1914, par l’intermédiaire de son éditeur, Rilke, qui habite alors Paris et sort d’une crise profonde, reçoit la lettre d’une inconnue. Elle est viennoise, pianiste et s’appelle Magda von Hattingberg. Commence alors une correspondance intime et passionnée avec celle qu’il rebaptise Benvenuta…

Aux lettres lues, aux poèmes dits répondent le piano, la musique.

avec

Fabienne Kandala, pianiste
Denis Lavalou, comédien

 

Henry David Thoreau, notre contemporain +

Prolongeant la saison Henry David Thoreau du Théâtre Complice (2012-2013) Denis Lavalou et ses complices proposent des rencontres lectures autour de différents textes essentiels de l’auteur américain du XIXe siècle.

Un exemple de soirée, associant trois aspects de la pensée du philosophe transcendantaliste : l’activiste politique, le penseur humaniste et l’amoureux de la nature :

Le texte emblématique La désobéissance civile, où l’auteur évoque les moyens pacifistes de résistance à un gouvernement jugé indigne de son pays; les idées de Thoreau à propos du rapport entre le travail et le citoyen avec des extraits de la conférence La vie sans principe où il est déjà question du concept très contemporain de «simplicité volontaire», et le Thoreau amant de la nature avec Printemps, le chapitre 17 de son livre le plus célèbre, Walden ou la vie dans les bois, paru en 1854.

 

Informez-vous ! Toutes les combinaisons sont possibles.

EMILY L. une soirée avec Marguerite Duras +

Deux inconditionnels éclairés livrent une lecture de EMILY L. Éditions de Minuit – 1987 Roman auto-fictif de la fin de sa vie, Émily L. est aussi un livre sur la fabrication des livres selon Marguerite Duras. L’auteure, sans se nommer, s’y met en scène avec son amant, Yann Andréa, dans un bar de la côte normande qu’ils aiment à fréquenter l’été. C’est alors l’occasion de faire le point sur leur étrange amour dont lui dit qu’il n’a jamais été quand elle tente de lui prouver le contraire. Un couple d’anglais échoués au bar interpelle leur regard et, par un effet miroir et la magie de la construction romanesque, ils vont transcender leur propre histoire à travers le prisme de celle de ce couple d’anglais, voyageurs au long cours vivant un amour exténué, qu’ils inventent à mesure. C’est ainsi que se tisse le roman que l’auteure dit écrire et que s’inscrit sa propre vie dans l’histoire qu’ils se racontent.

avec Françoise Faucher et Denis Lavalou

 

 

Agonia Confutans +

Figure tout à fait à part des lettres espagnoles, Juan Benet, décédé en 1993, a mené sa vie durant une double carrière d’ingénieur des travaux publics et d’homme de lettres qui lui fait à la fois construire des ouvrages d’art (ponts et barrages) et tracer des voies nouvelles dans la narration romanesque. Dans Agonia Confutans, un de ses rares textes dramatiques à placer résolument du côté du théâtre de l’Absurde, deux hommes – frères, jumeaux, amis, amants, maître et valet, ou les deux visages d’une même personne, impossible de trancher –  après avoir tout essayé pour se comprendre et être heureux, décident d’intervertir leurs rôles pour tenter d’améliorer les choses – et ça ne change rien « ce n’est ni mieux ni pire». Cette partition vertigineuse pour deux hommes qui se questionnent sur l’essence du bonheur et de leur humanité est un des textes les plus stimulants que nous ayons découverts ces dernières années.

Avant la tombée de la nuit +

Née à Lisbonne en 1946, fille d’un homme de lettres portugais, Eduarda Dionisio est une artiste totale : peintre, auteure, actrice et metteure en scène. Elle fonde sa compagnie de théâtre dans les années 80 puis, en 1994, le forum alternatif culturel Abril em maio (avril en mai). C’est en 1992 qu’elle imagine redonner la parole à quatre héroïnes classiques : Juliette, Antigone, Ines de Castro et Médée. Ces quatre magnifiques monologues de femmes s’adressant à elles-mêmes, mais aussi qui à sa nourrice, qui à son amoureux ou à son frère, proposent un regard très contemporain sur leurs propres histoires et replace le point de vue de ces histoires créées par des hommes du côté du ressenti des principales intéressées.

Les hivers de grâce de Henry David Thoreau +

Henry David Thoreau est un auteur majeur de la littérature américaine. À travers le mouvement Transcendantaliste, dont la figure de proue était Ralf Waldo Emerson, il a littéralement émancipé la jeune Amérique de son tuteurat intellectuel anglais. Thoreau est avant tout connu pour son récit Walden ou la vie dans les bois, où il évoque les deux ans où il a vécu dans une cabane au bord de l’étang de Walden Pond, non loin de la petite ville de Concord, dans le Massachussetts, mais il est à la source de bien d’autres idées qui hantent notre XXIe siècle. Tout premier militant écologiste, partisan de la simplicité volontaire, objecteur de conscience car il refusait la guerre colonialiste des Etats-Unis contre le Mexique et fervent abolitionniste, Thoreau est le premier à avoir mis en garde l’être humain face aux conséquences que la destruction des milieux naturels pourraient avoir sur sa propre survie.

Pour souligner le 150e anniversaire de sa disparition (6 mai 1862), une production qui a marqué les spectateurs : Les hivers de grâce de Henry David Thoreau, spectacle théâtral, visuel et musical faisant découvrir ou redécouvrir la parole, l’intelligence et la sensibilité de l’auteur américain. Sur scène, un personnage en trois personnes – trois frères de théâtre – Jean-François Blanchard, Denis Lavalou et Marcel Pomerlo. Des images signées Frédéric Saint-Hilaire. Cédric Lord a assuré la scénographie, Stéphane Ménigot les lumières, Éric Forget l’environnement sonore. Tous étaient déjà complices de notre précédente production, C’est ainsi mon amour que j’appris ma blessure. S’est ajoutée à cette équipe gagnante, Anne-Séguin Poirier, complice lors de la création de Moitié-Moitié, qui a signé les costumes du spectacle présenté à L’Usine C du 26 février au 16 mars 2013.

Pour voir des images du spectacle, cliquez sur le lien ci-dessus.

 

Quand +

Tout nouveau texte de Denis Lavalou, QUAND est une pièce à deux personnages qui évoque sur un mode très singulier la rupture entre un homme et une femme qui vivent ensemble depuis 20 ans, avec, pour arrière-plan futuriste, le début d’une nouvelle guerre en Occident.

Un si gentil garçon +

Ce jour-là, dans une rue de Madrid, alors qu’il se rend chez son psy pour lui parler de ses problèmes de couple avec son amie Gabi, Polo croise un manteau rouge qu’il ne peut pas ne pas connaître. Après dix ans d’absence, il renoue avec Bianca. Autour d’une bière innocente, Polo plonge dans un passé qu’il tente en vain d’oublier. Vingt ans plus tôt, dans le Madrid des années 90, Polo, Chino, Nathan et sa sœur chanteuse Bianca forment un groupe de rock alternatif prometteur. Suite à un concert triomphal, sous l’influence de deux jumeaux pervers, tout dérape. Des filles sont endormies et violées. Plusieurs soirs. Plusieurs fois. Jusqu’au drame. Le groupe est dissout à la va-vite, Polo part aux États-Unis. Oublie. Revient longtemps après et ce jour-là, dans une rue de Madrid…

Sur le mode d’un thriller psychologique haletant, Un si gentil garçon nous plonge dans le destin de cinq trentenaires, deux femmes et trois hommes, dont la vie a été bouleversée par des crimes sexuels perpétrés dans leur jeunesse sous l’emprise de la drogue et de l’alcool. Pour raconter, sans voyeurisme aucun, cette brûlante histoire dont l’origine se situe dans les milieux musicaux des années 90 mais qui percute de plein fouet notre actualité, cinq comédiens, une performeuse visuelle et trois musiciens live se partageront le plateau, faisant de ce spectacle un événement théâtral, visuel et musical.»

Une coproduction

THÉÂTRE COMPLICE (Montréal, Qc, Canada)
LES CÉLÉBRANTS (Lausanne, Suisse)
THÉÂTRE DU GRÜTLI (Genève, Suisse)

Sang blanc +

Laurence Levasseur, danseuse et chorégraphe française, travaille depuis plus de dix ans au sein de sa compagnie, Lûlîstan, à l’émergence d’une parole artistique contemporaine dans tous les pays de –stan : Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbekistan, Tadjikistan et Afghanistan, où les arts de la scène sont presque inexistants et soumis à d’énormes contraintes politique et religieuses. Un texte, Sang blanc, est né de ce travail, grand cri de douleur, d’amour et de révolte contre la violence faite aux femmes au nom d’une transcendance qui n’a pas de quoi être fière.

Écrit, mis en scène et interprété par Laurence Levasseur, Sang blanc a été créé en avril 2011 au Théâtre de Chaillot à Paris, après deux résidences de création, l’une à Argentan, en France en février 2011, et l’autre à L’Usine C à Montréal en mars 2011. Denis Lavalou, quant à lui, a assuré la direction du jeu.

Lûlîstan et le Théâtre Complice sont actuellement à la recherche de diffuseurs québécois et canadiens pour cette production.

Le souffleur de verre +

Écrite par Denis Lavalou, cette pièce chorale à 13 personnages dont l’écriture a été finalisée en  2008, est une espèce de fin du monde, le début de la fin d’une certaine idée de l’humain.

Au bout du bout de la terre, douze villageois se sont enfermés dans un endroit indéterminé – bunker ou magasin général – persuadés que l’extérieur, c’est la mort. Des siècles de propagande, de «déséducation», de guerre et de désinformation les ont rendus tellement inconscients qu’ils ne se rendent même plus compte de leur état de délabrement émotionnel et cérébral. Douze animaux paralysés de terreur qui ne savent même plus pourquoi et de quoi ils ont peur, ni les horreurs qu’ils ont perpétrés dans le passé. Ils se racontent toujours la même histoire, se posent toujours les mêmes questions : quand le dernier étranger résidant au village est-il parti et qui l’a vu pour la dernière fois. Un nouvelle étranger arrive. Il pose des questions – les mêmes. On se méfie, puis on l’accueille, mais le vieil atavisme du rejet ne sera pas long à s’imposer…

« Cette époque est marquée par la destruction. Les mots succombent à la loi commune. Il est lugubre de penser au sort dénaturé des mots, à l’effroyable déperdition de sens qu’ils ont subie. Privés de l’influx de forces qui les faisaient resplendir autrefois, ils ne sont plus que les fantômes d’eux-mêmes. Pourtant, les mots sont la dernière bouée de sauvetage de ce monde qui s’en va. Bafoués, usés, les mots ne le sont pas tant qu’ils gardent tout au fond d’eux-mêmes l’âme brillante de leur sens primitif. Dans un souffle parfois, elle émerge des ténèbres de la mémoire. »  L’aveu, Arthur Adamov (1938).

À LA MÉMOIRE DE DENIS GRAVEREAUX