Roche, papier, ciseaux

Daniel Keene
Production 2005-2006
Espace Libre, Montréal
Maisons de la culture de Montréal

Trois courtes pièces de l’auteur australien contemporain Daniel Keene présentées l’une après l’autre sans interruption:

Deux tibias
Roche, papier, ciseaux
La pluie
 

Résumé

Un errant des grandes villes cherche une boite en carton d’une certaine dimension pour en faire la sépulture d’un enfant mort (deux tibias). Un tailleur de pierre mis à pied dont l’existence est devenue un trou béant ne cesse d’entendre les bruits enfouis de sa carrière (roche, papier, ciseaux). Une femme vieille comme le temps se souvient malgré sa mémoire défaillante du cadeau que lui fit un enfant en partance pour les camps de la mort (la pluie). Tous témoignent comme malgré eux de l’absolue nécessité de sauvegarder la mémoire de ce qui fut, sous peine de voir se désintégrer tout ce qui est.

*

Une trinité.
Trois textes, trois possibilités de disparitions, trois sauvetages :
Disparition d’un enfant que tous ont oublié,
Disparition d’un métier qui fut toute une vie,
Disparition de milliers de personnes dans la perpétuation des génocides.
Funérailles d’un errant par un autre frère errant,
Funérailles de la beauté quand l’efficacité fait rage,
Funérailles de la mémoire devenue poussière de l’histoire.
Le cri ?
La foi ?
Le dit ?
Tout sera bon sans doute pour éviter le gouffre de l’oubli.

Dans ces histoires de notre temps où tout ce qu’il reste à l’être humain c’est l’appel persistant au respect de sa dignité, il s’agira simplement de poser un geste, bon, pas bon, juste ou fou, compréhensible ou non, qu’importe, un geste, un seul, mais propre à soi et à son sens de l’humanité.