Les Jours Fragiles
Philippe Besson

PRODUCTION (2007)
Théâtre de la Ville, Longueuil
Théâtre Prospero, Montréal

d’après le roman éponyme de Philippe Besson
adaptation théâtrale Denis Lavalou

Résumé

Les jours fragiles, ce sont les six derniers mois de la vie d'Arthur Rimbaud racontés par sa sœur dans son journal intime. Vitalie Rimbaud, mère du poète et d'Isabelle Rimbaud, a découvert les carnets de notes de sa fille et commence à les parcourir. En suivant la chronologie proposée par ces carnets, nous revivons à travers les crises, les confidences et les souvenirs, les étapes de la maladie incurable qui aura provoqué la mort du voyageur le 10 novembre 1891, à Marseille, France, dix heures du matin.

Pour autant, ce chemin n’est pas seulement crépusculaire. Il y a des zones de plein feu : réminiscences d’une enfance joyeuse, éclats des tissus et des parfums d’Afrique, rêve d’un voyage repris à deux, présence soudaine et inattendue du désir sous toutes ses formes, mais aussi reconnaissance de la qualité de l’interlocuteur, tombée des masques, levée provisoire des interdits, signes de reddition de part et d’autre pour en arriver à la conscience que, par cette expérience un peu en dehors du temps, chaque figure aura finalement répondu à l'appel de son destin et à une plus grande compréhension de celui-ci.

C’est ce parcours que Philippe Besson – géologue averti des failles subtiles qui trahissent les prémisses des séismes de l’âme – se met à écouter et à fouiller. Partant des textes laissés par Isabelle, mais aussi de la correspondance serrée entre le frère, la sœur et la mère, il recrée les étapes de la révolution d’une âme simple face à la décomposition d’un corps et d’un être qu’il faut à tout prix tenter de reconnaître avant que la mort ne les emporte.

Je suis la résonance de toi-même vibrant depuis le commencement et au-delà de toute mort, pour l'éternité.
(Hermann Broch, La mort de Virgile)

L’enfer pour Isabelle Rimbaud, sœur cadette d’Arthur Rimbaud – le poète – ce fut de vivre dans le sillage d’un frère qu’elle se devait d’aimer suivant l’écrasante norme chrétienne, mais à qui elle ne put accéder que dans la répulsion et le scandale d’abord, puis dans l’accompagnement d’un agonisant.