Historique

Le Théâtre Complice est né en 1994 suite à l’impulsion d’un collectif de créateurs formé par Marie-Josée Gauthier, Gaétan Dumont et le metteur en scène John Donn-Hill, tous trois désireux de proposer une nouvelle mise en scène, intimiste et cinématographique de La Musica Deuxième, de Marguerite Duras. Le metteur en scène s’étant rapidement dégagé de la diffusion de la production, Marie-Josée Gauthier propose à Denis Lavalou de refaire la mise en scène pour la diffusion du spectacle dans les Maisons de la Culture de Montréal. C’est le début d’une collaboration ininterrompue depuis 16 ans.

Nous jouons, ensuite, de l’alternance entre comédies et drames, parfois dans un même spectacle, tels Dialogue avec un brillant partenaire, montage poétique, absurde et métaphysique d’après six courtes pièces de Jean Tardieu, ou L’Homme assis et Comme des chaises de Marie-Line Laplante (2000-2001), une tragédie et sa comédie dirigées par leur auteure et enchaînées dans un même spectacle.

Nous faisons découvrir des textes et des auteurs sous un angle inédit, ainsi, l’auteur surréaliste René Crevel avec Mon corps et moi (lecture-spectacle, 1996), Le Shaga et Yes, peut-être (2002-2003), deux rares comédies absurdes de Marguerite Duras, et une Nathalie Sarraute plus ludique que jamais avec Tous les états du dire (lecture-spectacle, 2004) montage d’après Tropisme, Ici et l’Usage de la parole.

Dans le cadre d’une trilogie du deuil et de l’exil, nous avons produit le premier spectacle Daniel Keene d’Amérique du Nord en présentant en janvier 2005 (Espace Libre), trois courtes pièces l’auteur australien: Deux tibias, Roche, papier, ciseaux et La pluie. Puis, à l’hiver 2007, nous avons présenté Les jours fragiles, (Théâtre de la Ville, Longueuil et Théâtre Prospero, Montréal,) une toute première adaptation théâtrale signée Denis Lavalou du romancier Philippe Besson. Le spectacle évoque les derniers jours de la vie d’Arthur Rimbaud suivant l’ange particulier des journaux intimes de sa sœur Isabelle.

Interpelés par la parole poétique, nous présentons le 7 novembre 2005 au studio Alfred Laliberté de l’UQÀM, une soirée de poésie D’un mot, d’un monde, faisant entendre des extraits des œuvres les plus récentes de deux grands poètes : Michel van Schendel et Claude Haeffely. Cette soirée, assortie d’une expositions de peintures et photos en rapport avec les œuvres lues, devient un vibrant hommage à Michel van Schendel, décédé quelques jours auparavant.

À l’affiche durant toute la saison 2007-2008, le dernier volet de notre trilogie : moitié-moitié, autre texte de Daniel Keene, qui met en présence deux frères ennemis qui vont se réconcilier sur un mode totalement inattendu. Créée à L’Usine C à Montréal, diffusée à La Nouvelle-Scène à Ottawa, cette coproduction internationale avec les compagnies Lézards-qui-bougent (France), Les Célébrants (Suisse) et la participation de l’Usine C (Montréal), du théâtre Vidy-Lausanne (Suisse) et du Théâtre de la Ville (Paris), entre autres coproducteurs, a été joué 82 fois au Canada, en France et en Suisse.

En mars 2009, un nouveau spectacle lecture de poésie intitulé Zoom in zoom out sur la ville diffusé à la Maison de la Culture Hochelaga-Maisonneuve dans le cadre de la Quinzaine de la poésie de Montréal nous a permis de donner la parole à cinq poètes et un musicien montréalais contemporains, Martine Audet, Dany Boudreault, Renée Gagnon, Patrick Lafontaine et Joël Pourbaix accompagnés par Martin Tétreault.

Durant la saison 2009-2010, nous avons produit C’est ainsi mon amour que j’appris ma blessure, une pièce de l’auteur français contemporain Fabrice Melquiot, encore très peu monté au Québec malgré son œuvre déjà très importante traduite et jouée un peu partout dans le monde.

La saison 2012-2013 est consacré à Henry David Thoreau dont nous soulignons, avec quatre rencontres lectures et une production majeure, Les hivers de grâce de Henry David Thoreau, le 150e anniversaire de sa disparition. Brillant auteur, penseur, philosophe et naturaliste nord-américain du XIXe siècle, Thoreau s’avère notre contemporain par les problématiques abordées dans son œuvre.

En janvier 2014, fêtant en grand le 20e anniversaire de la compagnie, le Théâtre Complice présente à Espace Libre Le Souffleur de verre, fable apocalyptique sur la fin de la sensibilité des êtres humains qui serait aussi la fin définitive de l’altruisme et de la civilisation.

2015 sera consacré à la pré-production d’un nouveau spectacle, Un si gentil garçon, d’après le roman de l’auteur espagnol contemporain Javier Gutiérrez.

NOTRE DÉMARCHE NE SE VEUT PAS RATIONNELLE, MAIS INSTINCTIVE, HUMAINE ET TOUJOURS POÉTIQUE.