Dialogue avec un brillant partenaire

Dialogue avec un brillant partenaire

Équipe de création

Sélection et montage des textes
Marie-Josée Gauthier et Denis Lavalou

Mise en scène
Marie-Josée Gauthier

Avec
Jocelin Desjarlais et Denis Lavalou

Décor, costumes et régie du spectacle
Catherine Bahuaud

Crédit Photo : Martin Beaulieu

Production THÉÂTRE COMPLICE

Diffusion

Centre de créativité du Gesù, salle intime, dans le cadre de l’événement intitulé :
Les Complices du lundi : représentations chaque lundi en février et mars 1996

S’engager dans le théâtre de Jean Tardieu, c’est accepter de plonger à nouveau dans le temps où, enfant, on demandait sans arrêt pourquoi, pourquoi, pourquoi ? jusqu’à la compulsion.

Dialogue avec un brillant partenaire

MONSIEUR MOI – Il y a dans ma vie je ne sais quoi d’incompréhensible et d’inacceptable, une chose peut-0être grandiose, peut-être atroce – en tout cas, sans commune mesure avec moi-même et autour de laquelle, cependant, toute ma vie, tu m’entends, toute ma vie est construite (Le Partenaire fait entendre un long sifflement exprimant la grandeur de cette chose.) Souvent j’y pense et chaque fois j,ai peur, car je ne puis même pas deviner ce que c’est : on dirait un mauvais souvenir, quelque événement qui m’est étranger et qui pourtant pèse à mes épaules comme un fardeau personnel. Ce fut peut-être un moment de démence glissé au centre de ma raison, peut-être l’immensité de rien au milieu de mon être.

LE PARTENAIRE, terrifié – Oh! Là là!

MONSIEUR MOI – Tes réflexions prouvent surabondamment l’intérêt que tu me portes. Tu n’es vraiment d’un grand secours.

LE PARTENAIRE –  Beuh!…

MONSIEUR MOI – Mais si, mais si! Ne proteste pas! En tout cas, tu m’as bel et bien accompagné jusqu’ici, c’est un fait. Et si nous nous sommes arrêtés, ce n’est certes pas ta faute.

LE PARTENAIRE –  Ah, ça non !

MONSIEUR MOI – je croirais plutôt, vois-tu, que ce qui nous a arrêté, c’était cette chose, cette chose toujours la même. Qu’en penses-tu ?

LE PARTENAIRE, perplexe – Ma fois…

La Serrure

LE CLIENT – ce n’est pas drôle une passion pareille! Depuis des jours, des nuits, des années, je ne pense qu’à El!le… Je me disais : Oh! Si seulement je pouvais la voir!… La voir! Ne serait-ce qu’un instant!… La voir… Même sans qu’elle me voie! L’apercevoir seulement! À travers un rideau déchiré, une porte entrebaîllée, au bout d’une longue-vue!… Oui, je me disais cela. Je me disais que ça suffirait pour que je sois content. Et maintenant, tout à coup, voilà! Voilà : cette minute est arrivée!

LA PATRONNE – Patience mon joli! Tout à l’heure, tout à l’heure!

 

 

Théâtre de Chambre, éditions Gallimard

S’engager dans le théâtre de Jean Tardieu, c’est accepter de plonger à nouveau dans le temps où, enfant, on demandait sans arrêt pourquoi, pourquoi, pourquoi ? jusqu’à la compulsion.

Dialogue avec un brillant partenaire

Diffusion
Centre de créativité du Gesù, salle intime, dans le cadre de l’événement intitulé :
Les Complices du lundi : représentations chaque lundi en février et mars 1996

Extrait de presse

Chaîne Culturelle de RADIO-Canada, par André Ducharme
J’ai été complètement soufflé et captivé par un comédien que je ne connaissais pas, Denis Lavalou. Il a une tête incroyable. Il a la boule à zéro, il a des yeux aimants dans le sens qui aimantent, il a une présence incroyable, un corps élastique, une souplesse, une diction… Je pense que Jean Tardieu aurait beaucoup aimé… C’est vraiment la découverte de ce comédien qui m’a fait particulièrement apprécier ce spectacle.

S’engager dans le théâtre de Jean Tardieu, c’est accepter de plonger à nouveau dans le temps où, enfant, on demandait sans arrêt pourquoi, pourquoi, pourquoi ? jusqu’à la compulsion.

Dialogue avec un brillant partenaire

Dialogue avec un brillant partenaire

5 courtes pièces extraites du Théâtre de chambre

Dialogue avec un brillant partenaire
La politesse inutile
La galerie
La serrure
Le meuble

Résumé
Un homme mûr et un naïf se promènent à travers les méandres de l’existence, abordant sur le mode absurde les grandes questions métaphysiques : l’essence de l’être, le but de la vie et la figure de la mort qui plane derrière tout faits et gestes, chaque serrure de la vie, et face à laquelle il est urgent de toujours trouver un jeu, un dérivatif, une occupation pour tenter de se distraire de son obsession.

Aller à la découverte des dessous de l’existence, tenter de percer le mystère des apparences, s’approcher de l’énigme à trois branches que constituent la vie, l’amour et la mort, jouer à se faire peur et avoir peur vraiment, mais aussi se moquer de ceux qui croient en savoir plus comme de ceux qui veulent en savoir trop, c’est ce qui nous est proposé dans ces textes pleins d’esprit et de fantaisie qui portent au fond d’eux-mêmes les interrogations les plus profonde de l’être humain face à sa propre nature.

S’engager dans le théâtre de Jean Tardieu, c’est accepter de plonger à nouveau dans le temps où, enfant, on demandait sans arrêt pourquoi, pourquoi, pourquoi ? jusqu’à la compulsion.