Archive for the ‘Projets’ Category

Quand +

ELLE – alors donne, donnez

LUI – non

ELLE – pitoyable crétin, donne, donne-moi ça

LUI – je les brûle

ELLE – tu les brûles ?

LUI – je les brûle

ELLE – eh bien brûle, brûle tant que tu veux, brûlez, détruisez, niez, ça n’en fera pas moins de bleus à l’âme, pas moins de souvenirs, pas moins de vérité. ça ne fera pas moins mal. mais qu’est-ce que vous croyez ? qu’est-ce que vous espérez ? vous me pensez si bête, vous croyez que je. que. vous me croyez. moi. vouloir m’accrocher ? si bêtement sentimentale? voilà l’homme qui ne comprends rien. je ne tiens à rien de plus que vous, je tiens à ce qui m’appartient, c’est tout. nier, nier toujours, nier mais ce qui a été, c’est mesquin, puéril. j’aime les traces, voyez, j’aime. vous je m’en fous. vous, ce vous, là, que vous vous obstinez, que vous nous imposez comme un, comme un remède, un placebo, votre vous, je m’en fous. allez sauter sur une bombe et ce n’est pas pour la mémoire. j’oublierai, j’oublie, j’ai oublié. je vis plus que je ne me souviens. ce que vous tenez là, si fort, entre vos propres mains, j’ai oublié. je m’en fous. non. c’est pour la beauté du geste, voilà, seulement cela, la beauté, le bonheur d’un instant de grâce, vous comprenez. non, vous ne comprenez pas. vous ne voulez pas dire, mais il faut tout vous dire, tout expliquer, mâcher, vomir. bon. brûlez, brûlez les lettres, brûlez vos heures, vos mots, brûlez, brûlons cœur, cul, candeur et rêve de rosiers grimpants, c’est vrai, ce n’est que du papier. allons, brûlons, faisons cela ensemble

LUI – un rituel ?

ELLE – appelez ça comme vous voudrez
 
il lui tend les lettres.

noir

 

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Agonia Confutans +

Figure tout à fait à part des lettres espagnoles, Juan Benet, décédé en 1993, a mené sa vie durant une double carrière d’ingénieur des travaux publics et d’homme de lettres qui lui fait à la fois construire des ouvrages d’art (ponts et barrages) et tracer des voies nouvelles dans la narration romanesque. Dans Agonia Confutans, un de ses rares textes dramatiques à placer résolument du côté du théâtre de l’Absurde, deux hommes – frères, jumeaux, amis, amants, maître et valet, ou les deux visages d’une même personne, impossible de trancher –  après avoir tout essayé pour se comprendre et être heureux, décident d’intervertir leurs rôles pour tenter d’améliorer les choses – et ça ne change rien « ce n’est ni mieux ni pire». Cette partition vertigineuse pour deux hommes qui se questionnent sur l’essence du bonheur et de leur humanité est un des textes les plus stimulants que nous ayons découverts ces dernières années.

Avant la tombée de la nuit +

Née à Lisbonne en 1946, fille d’un homme de lettres portugais, Eduarda Dionisio est une artiste totale : peintre, auteure, actrice et metteure en scène. Elle fonde sa compagnie de théâtre dans les années 80 puis, en 1994, le forum alternatif culturel Abril em maio (avril en mai). C’est en 1992 qu’elle imagine redonner la parole à quatre héroïnes classiques : Juliette, Antigone, Ines de Castro et Médée. Ces quatre magnifiques monologues de femmes s’adressant à elles-mêmes, mais aussi qui à sa nourrice, qui à son amoureux ou à son frère, proposent un regard très contemporain sur leurs propres histoires et replace le point de vue de ces histoires créées par des hommes du côté du ressenti des principales intéressées.

Quand +

Tout nouveau texte de Denis Lavalou, QUAND est une pièce à deux personnages qui évoque sur un mode très singulier la rupture entre un homme et une femme qui vivent ensemble depuis 20 ans, avec, pour arrière-plan futuriste, le début d’une nouvelle guerre en Occident.