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Les hivers de grâce de Henry David Thoreau +

Henry David Thoreau est un auteur majeur de la littérature américaine. À travers le mouvement Transcendantaliste, dont la figure de proue était Ralf Waldo Emerson, il a littéralement émancipé la jeune Amérique de son tuteurat intellectuel anglais. Thoreau est avant tout connu pour son récit Walden ou la vie dans les bois, où il évoque les deux ans où il a vécu dans une cabane au bord de l’étang de Walden Pond, non loin de la petite ville de Concord, dans le Massachussetts, mais il est à la source de bien d’autres idées qui hantent notre XXIe siècle. Tout premier militant écologiste, partisan de la simplicité volontaire, objecteur de conscience car il refusait la guerre colonialiste des Etats-Unis contre le Mexique et fervent abolitionniste, Thoreau est le premier à avoir mis en garde l’être humain face aux conséquences que la destruction des milieux naturels pourraient avoir sur sa propre survie.

Pour souligner le 150e anniversaire de sa disparition (6 mai 1862), une production qui a marqué les spectateurs : Les hivers de grâce de Henry David Thoreau, spectacle théâtral, visuel et musical faisant découvrir ou redécouvrir la parole, l’intelligence et la sensibilité de l’auteur américain. Sur scène, un personnage en trois personnes – trois frères de théâtre – Jean-François Blanchard, Denis Lavalou et Marcel Pomerlo. Des images signées Frédéric Saint-Hilaire. Cédric Lord a assuré la scénographie, Stéphane Ménigot les lumières, Éric Forget l’environnement sonore. Tous étaient déjà complices de notre précédente production, C’est ainsi mon amour que j’appris ma blessure. S’est ajoutée à cette équipe gagnante, Anne-Séguin Poirier, complice lors de la création de Moitié-Moitié, qui a signé les costumes du spectacle présenté à L’Usine C du 26 février au 16 mars 2013.

Pour voir des images du spectacle, cliquez sur le lien ci-dessus.

 

Le souffleur de verre +

Écrite par Denis Lavalou, cette pièce chorale à 13 personnages dont l’écriture a été finalisée en  2008, est une espèce de fin du monde, le début de la fin d’une certaine idée de l’humain.

Au bout du bout de la terre, douze villageois se sont enfermés dans un endroit indéterminé – bunker ou magasin général – persuadés que l’extérieur, c’est la mort. Des siècles de propagande, de «déséducation», de guerre et de désinformation les ont rendus tellement inconscients qu’ils ne se rendent même plus compte de leur état de délabrement émotionnel et cérébral. Douze animaux paralysés de terreur qui ne savent même plus pourquoi et de quoi ils ont peur, ni les horreurs qu’ils ont perpétrés dans le passé. Ils se racontent toujours la même histoire, se posent toujours les mêmes questions : quand le dernier étranger résidant au village est-il parti et qui l’a vu pour la dernière fois. Un nouvelle étranger arrive. Il pose des questions – les mêmes. On se méfie, puis on l’accueille, mais le vieil atavisme du rejet ne sera pas long à s’imposer…

« Cette époque est marquée par la destruction. Les mots succombent à la loi commune. Il est lugubre de penser au sort dénaturé des mots, à l’effroyable déperdition de sens qu’ils ont subie. Privés de l’influx de forces qui les faisaient resplendir autrefois, ils ne sont plus que les fantômes d’eux-mêmes. Pourtant, les mots sont la dernière bouée de sauvetage de ce monde qui s’en va. Bafoués, usés, les mots ne le sont pas tant qu’ils gardent tout au fond d’eux-mêmes l’âme brillante de leur sens primitif. Dans un souffle parfois, elle émerge des ténèbres de la mémoire. »  L’aveu, Arthur Adamov (1938).

À LA MÉMOIRE DE DENIS GRAVEREAUX