Archive for avril, 2011

Agonia Confutans +

PERTÈS
Oui, c’est terrible ; plus j’y pense, plus ça me semble terrible. Après tout, ce n’est peut-être pas si grave. Peut-être qu’un jour nous arriverons à tout savoir et que nous pourrons rire de notre peur. Comme au sortir d’un rêve ou de l’enfance.

CORPUS
Non, ce n’est pas un rêve. Si ça l’était, je ne serais pas là. Je suis là uniquement parce que je ne sais pas où je suis. Avant que ce jour n’arrive, moi je me tire, je t’assure. Le jour où nous saurons où nous sommes. Tu parles.

PERTÈS
Et si ce n’est pas si mauvais que ça en a l’air ?

CORPUS
C’est impossible. Ce ne serait pas juste, je ne me sens pas bien, j’ai une rechute ; tu ne comprends pas que je suis un malade ? Quel autre genre de conversation peux-tu m’offrir?

PERTÈS
Et si nous échangions nos rôles ?

CORPUS
Pas aujourd’hui ; un autre jour. Je suis complètement épuisé.

PERTÈS
Comment le sais-tu ?

CORPUS
Les gencives, comme d’habitude. Cette douleur à la racine des dents. Une douleur que tu ignores. Ce qui explique ta façon de vivre. Si un jour cette douleur se présente, Pertès, n’hésite pas.

PERTÈS
Je n’hésiterai pas une seconde. Si cette douleur apparaît, je me souviendrai qu’il y a des choses pour lesquelles je n’ai pas la moindre attirance.

CORPUS
Tu ne ressens pas d’affection pour tes dents ?

PERTÈS
Parfois, dans la douleur, elles trahissent. Je ne suis pas né pour souffrir, tu l’as toujours dit.

CORPUS
Ce que je ne comprends pas, c’est comment tu peux te souvenir de tant de choses. Tu as toujours un mot pour chaque situation, je ne comprends pas comment tu peux vivre ainsi, en te rappelant à chaque instant ce que tu aimes et ce que tu détestes. Ce à quoi tu es attaché et ce à quoi tu n’es pas attaché. Tu dois avoir une mémoire exceptionnelle. Moi, je serais incapable d’en faire autant, d’avoir tant de choses dans la tête. Quand quelque chose se présente, je dois penser longtemps avant de décider si ça me plaît ou non. J’ai horreur des faux pas. Et, en plus, une chose ne vient jamais seule, elle en entraîne plein d’autres ; je ne peux tout de même pas tout trancher du premier coup. D’ailleurs, les gens qui ont une mémoire exceptionnelle – comme toi – sont tous pareils : très décidés peu scrupuleux et pas très sensibles. Et en bonne santé, par-dessus le marché. Ils ne me plaisent pas.

 

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Avant la tombée de la nuit +

Paroles de Juliette
Nourrice,
je ne puis t’expliquer,
même si je le veux et si je t’aime tant, nourrice.
La beauté que j’ai est si neuve.
Jamais ne l’ont vue ni homme ni femme.
Seulement lui
il y a une demi-heure.
Je m’aime moi-même. J’aime qu’il aime. C’est moi qu’il aime, nourrice.
Bien avant de me voir ou de me connaître, il me l’a dit,
et je te le dis.
Fermé dans ma main gauche
j’ai un cœur peint de sang frais.
J’aime jusqu’à l’attente. Elle sera courte.
Elle se termine à l’heure même où sonnera la cloche claire.

Alors, dans la paume de ma main ouverte j’aurai une fleur rouge.
Il me l’a dit et je te le dis.
La pluie a séché, qui inondait ma vie
avant que je connaisse et sa voix et ses pas.
Garde-moi de père et mère qui veulent me marier.
Je ne veux pas les revoir.
Ni aujourd’hui
ni plus jamais.

À présent ton regard s’attache au paysage.
Ton oreille cherche à retrouver mes pas.
Tu ne m’as ni vue ni entendue arriver de la nuit épaisse.
Tu as peur que je ne revienne plus.
C’est ça que j’aime, tu sais.
Je fais peur à qui j’aime, à force de tant aimer.
Nourrice, rassure ton amour.
Je suis là.
Et je te vois à nouveau grande et grosse à la lumière de la chandelle.
Je suis rentrée pour retourner aussitôt au plaisir d’où je viens.
Je ne suis ici que pour te raconter.
Jamais je n’avais senti le sol humide de la nuit sur ma peau que tu as
toujours lavée de tes soins de lait et de roses blêmes.
Je ramène à présent l’odeur des cistes.
Sens mes bras, nourrice
et ouvre les tiens pour recevoir mon retour tout entier
que je te donne jusqu’à moitié.
L’horloge de l’univers s’est mise à fonctionner.
Quelqu’un l’a remontée à mon insu.
Vois-tu la lune, nourrice, dans le champ de givre?
Je n’ai pas peur, tu sais.
N’éloigne pas de moi la nuit quand tu me regarderas.
Je suis aujourd’hui maîtresse de moi
et de ceux que je toucherai.
Je ne veux perdre la mémoire d’aucun geste.
Toi, tu dois m’aider.

 

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LES HIVERS DE GRÂCE DE HENRY DAVID THOREAU +

Thoreau puis David puis Henry

Ils organisent la maison

THOREAU, parlant tout seul d’un ton bourru et contrarié – Mais quand vont-il comprendre ? Jusqu’au bureau de poste ce matin:
« Dites donc, vous êtes nombreux dans votre Société?
– Oui, assez.»
Je ne sais même pas de quoi on parle.
– «Alcott est avec vous, hein ? Et Emerson aussi, Channing, et Margarett Fuller…
– Ah, vous parlez des gens qui se promènent ensemble?
– Ouais, c'est ça que j'appelle votre Société. Vous allez tous dans les bois, non?
– Oui. Est-ce que, par hasard, on vous vole votre bois?
– Oh, non, non non, c'est pas ça qui m'inquiète. Je crois que vous êtes des gens très forts et qui valez tout autant que les autres.»
Des gens très forts…
Et Sanborn, qui demande au propriétaire de sa pension combien il y a de sociétés religieuses à Concord. «Ben, il y en a trois: les Unitariens, les Orthodoxes, et… et la Société de l'Étang de Walden». Pfff! Quel précieux messager!

DAVID, apparaît  – Le secrétaire de l'Association pour l'Avancement des Sciences, aussi. (Ils se regardent fixement sans parler, puis David reprend) Je le croise. Il me demande quelle est la science qui m’intéresse le plus ?

THOREAU – Qu’est ce que je peux bien lui répondre?

DAVID – Je suis un mystique, un transcendantaliste, et un philosophe de la Nature par-dessus le marché. J'aurais dû lui dire tout de suite que je suis un transcendantaliste, manière la plus rapide de lui signifier qu'il ne comprendrait rien à mes explications.

THOREAU, lâchant David du regard – Pas marié. Je ne sais pas si ce que je pratique est une profession, un métier ou quoi. Ça ne s’enseigne pas jusqu'à présent et, dans tous les cas, cela se pratique avant d'être appris. C'est moi seul qui commercialise. Pas un métier, mais légions. Quelques-unes des têtes du monstre : je suis maître d'école, précepteur,

DAVID – géomètre-jardinier, cultivateur, peintre…

THOREAU – … en bâtiments, menuisier, maçon, homme de peine, fabricant de crayons, de papier de verre, écrivain et rimailleur à mes heures.

DAVID – Je cherche le moyen de vivre en m’abstenant de ce que le monde appelle emploi ou travail, plaisant ou non.

THOREAU – Merci de ne pas me considérer comme un pauvre type auquel on fait l'aumône.

Ils ont à peu près achevé leur installation.

DAVID – Le temps est la rivière où je m'en vais pêcher. Je bois son eau, je vois le fond et vois comme il est peu profond. Son faible courant entraîne toutes choses, mais l'éternité, elle, demeure. J'aimerais boire plus profond; pêcher dans le ciel, dont le fond caillouteux est parsemé d'étoiles. Je ne suis pas capable de compter jusqu'à un, je ne connais pas la première lettre de l'alphabet, j'ai toujours regretté de ne pas être aussi sage que le jour de ma naissance. Pourtant, mon instinct me dit que ma tête est un organe destiné à creuser des terriers. Je vais creuser sous ces collines. Je crois que la veine la plus riche se trouve quelque part par ici.

Henry arrive de l’extérieur, frigorifié mais enthousiaste

HENRY – Toutes les branches, tous les rameaux ce matin sont recouverts d'une étincelante armure de givre, d’un épais feuillage de glace semblable, feuille pour feuille, à leur parure d’été. Même les herbes, dans les champs découverts, portent d'innombrables pendants de diamants qui tintent joyeusement quand le pied du promeneur les effleure. Un naufrage de bijoux, une débâcle de pierreries.

Il prend une bouilloire pour se faire chauffer de l’eau

On dirait qu’une des strates supérieures de le terre a été soulevée pendant la nuit pour exposer au grand jour une couche de cristaux sans tache. À chaque pas le spectacle change. Selon que la tête s'incline à droite ou à gauche, l'opale, le saphir, l'émeraude, le jaspe, le béryl, la topaze, le rubis…

DAVID – La beauté toujours, partout où il y a une âme pour admirer.

THOREAU – Si je la cherche ailleurs parce que je ne la trouve pas chez moi, ma recherche restera stérile.

HENRY – Je crois que je pourrais écrire un poème que j'intitulerais «Concord».  Comme chapitres, j'aurais : la Rivière, les Bois, les Étangs, les Collines, les Champs, les Marais et les Prairies, les Rues, les Édifices, et les Villageois. Et puis le Matin, le Midi et le Soir, le Printemps, l'Été, l'Automne et l'Hiver, la Nuit, l'Été Indien, et les Montagnes à l'Horizon. (Soudain) Restons hors les murs et aucun mal ne pourra nous atteindre – le danger est que nous soyons emmuré avec lui.
 

Quand +

ELLE – alors donne, donnez

LUI – non

ELLE – pitoyable crétin, donne, donne-moi ça

LUI – je les brûle

ELLE – tu les brûles ?

LUI – je les brûle

ELLE – eh bien brûle, brûle tant que tu veux, brûlez, détruisez, niez, ça n’en fera pas moins de bleus à l’âme, pas moins de souvenirs, pas moins de vérité. ça ne fera pas moins mal. mais qu’est-ce que vous croyez ? qu’est-ce que vous espérez ? vous me pensez si bête, vous croyez que je. que. vous me croyez. moi. vouloir m’accrocher ? si bêtement sentimentale? voilà l’homme qui ne comprends rien. je ne tiens à rien de plus que vous, je tiens à ce qui m’appartient, c’est tout. nier, nier toujours, nier mais ce qui a été, c’est mesquin, puéril. j’aime les traces, voyez, j’aime. vous je m’en fous. vous, ce vous, là, que vous vous obstinez, que vous nous imposez comme un, comme un remède, un placebo, votre vous, je m’en fous. allez sauter sur une bombe et ce n’est pas pour la mémoire. j’oublierai, j’oublie, j’ai oublié. je vis plus que je ne me souviens. ce que vous tenez là, si fort, entre vos propres mains, j’ai oublié. je m’en fous. non. c’est pour la beauté du geste, voilà, seulement cela, la beauté, le bonheur d’un instant de grâce, vous comprenez. non, vous ne comprenez pas. vous ne voulez pas dire, mais il faut tout vous dire, tout expliquer, mâcher, vomir. bon. brûlez, brûlez les lettres, brûlez vos heures, vos mots, brûlez, brûlons cœur, cul, candeur et rêve de rosiers grimpants, c’est vrai, ce n’est que du papier. allons, brûlons, faisons cela ensemble

LUI – un rituel ?

ELLE – appelez ça comme vous voudrez
 
il lui tend les lettres.

noir

 

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Agonia Confutans +

Figure tout à fait à part des lettres espagnoles, Juan Benet, décédé en 1993, a mené sa vie durant une double carrière d’ingénieur des travaux publics et d’homme de lettres qui lui fait à la fois construire des ouvrages d’art (ponts et barrages) et tracer des voies nouvelles dans la narration romanesque. Dans Agonia Confutans, un de ses rares textes dramatiques à placer résolument du côté du théâtre de l’Absurde, deux hommes – frères, jumeaux, amis, amants, maître et valet, ou les deux visages d’une même personne, impossible de trancher –  après avoir tout essayé pour se comprendre et être heureux, décident d’intervertir leurs rôles pour tenter d’améliorer les choses – et ça ne change rien « ce n’est ni mieux ni pire». Cette partition vertigineuse pour deux hommes qui se questionnent sur l’essence du bonheur et de leur humanité est un des textes les plus stimulants que nous ayons découverts ces dernières années.

Avant la tombée de la nuit +

Née à Lisbonne en 1946, fille d’un homme de lettres portugais, Eduarda Dionisio est une artiste totale : peintre, auteure, actrice et metteure en scène. Elle fonde sa compagnie de théâtre dans les années 80 puis, en 1994, le forum alternatif culturel Abril em maio (avril en mai). C’est en 1992 qu’elle imagine redonner la parole à quatre héroïnes classiques : Juliette, Antigone, Ines de Castro et Médée. Ces quatre magnifiques monologues de femmes s’adressant à elles-mêmes, mais aussi qui à sa nourrice, qui à son amoureux ou à son frère, proposent un regard très contemporain sur leurs propres histoires et replace le point de vue de ces histoires créées par des hommes du côté du ressenti des principales intéressées.

Les hivers de grâce de Henry David Thoreau +

Henry David Thoreau est un auteur majeur de la littérature américaine. À travers le mouvement Transcendantaliste, dont la figure de proue était Ralf Waldo Emerson, il a littéralement émancipé la jeune Amérique de son tuteurat intellectuel anglais. Thoreau est avant tout connu pour son récit Walden ou la vie dans les bois, où il évoque les deux ans où il a vécu dans une cabane au bord de l’étang de Walden Pond, non loin de la petite ville de Concord, dans le Massachussetts, mais il est à la source de bien d’autres idées qui hantent notre XXIe siècle. Tout premier militant écologiste, partisan de la simplicité volontaire, objecteur de conscience car il refusait la guerre colonialiste des Etats-Unis contre le Mexique et fervent abolitionniste, Thoreau est le premier à avoir mis en garde l’être humain face aux conséquences que la destruction des milieux naturels pourraient avoir sur sa propre survie.

Pour souligner le 150e anniversaire de sa disparition (6 mai 1862), une production qui a marqué les spectateurs : Les hivers de grâce de Henry David Thoreau, spectacle théâtral, visuel et musical faisant découvrir ou redécouvrir la parole, l’intelligence et la sensibilité de l’auteur américain. Sur scène, un personnage en trois personnes – trois frères de théâtre – Jean-François Blanchard, Denis Lavalou et Marcel Pomerlo. Des images signées Frédéric Saint-Hilaire. Cédric Lord a assuré la scénographie, Stéphane Ménigot les lumières, Éric Forget l’environnement sonore. Tous étaient déjà complices de notre précédente production, C’est ainsi mon amour que j’appris ma blessure. S’est ajoutée à cette équipe gagnante, Anne-Séguin Poirier, complice lors de la création de Moitié-Moitié, qui a signé les costumes du spectacle présenté à L’Usine C du 26 février au 16 mars 2013.

Pour voir des images du spectacle, cliquez sur le lien ci-dessus.

 

Quand +

Tout nouveau texte de Denis Lavalou, QUAND est une pièce à deux personnages qui évoque sur un mode très singulier la rupture entre un homme et une femme qui vivent ensemble depuis 20 ans, avec, pour arrière-plan futuriste, le début d’une nouvelle guerre en Occident.

Un si gentil garçon +

Ce jour-là, dans une rue de Madrid, alors qu’il se rend chez son psy pour lui parler de ses problèmes de couple avec son amie Gabi, Polo croise un manteau rouge qu’il ne peut pas ne pas connaître. Après dix ans d’absence, il renoue avec Bianca. Autour d’une bière innocente, Polo plonge dans un passé qu’il tente en vain d’oublier. Vingt ans plus tôt, dans le Madrid des années 90, Polo, Chino, Nathan et sa sœur chanteuse Bianca forment un groupe de rock alternatif prometteur. Suite à un concert triomphal, sous l’influence de deux jumeaux pervers, tout dérape. Des filles sont endormies et violées. Plusieurs soirs. Plusieurs fois. Jusqu’au drame. Le groupe est dissout à la va-vite, Polo part aux États-Unis. Oublie. Revient longtemps après et ce jour-là, dans une rue de Madrid…

Sur le mode d’un thriller psychologique haletant, Un si gentil garçon nous plonge dans le destin de cinq trentenaires, deux femmes et trois hommes, dont la vie a été bouleversée par des crimes sexuels perpétrés dans leur jeunesse sous l’emprise de la drogue et de l’alcool. Pour raconter, sans voyeurisme aucun, cette brûlante histoire dont l’origine se situe dans les milieux musicaux des années 90 mais qui percute de plein fouet notre actualité, cinq comédiens, une performeuse visuelle et trois musiciens live se partageront le plateau, faisant de ce spectacle un événement théâtral, visuel et musical.»

Une coproduction

THÉÂTRE COMPLICE (Montréal, Qc, Canada)
LES CÉLÉBRANTS (Lausanne, Suisse)
THÉÂTRE DU GRÜTLI (Genève, Suisse)

Le souffleur de verre +

JEANNE        
Trente ans? Trois ans? Dix ans? Peut-être dix ans. La même année, peut-être, la même année, Parker, ma fille, l’année où l’eau a pris ma fille? C’était il y a dix ans. Non? N’est-ce pas?

LA VOISINE
On ne sait pas, Jeanne.

JEANNE, au Fils
Toi?

LE FILS
Je ne sais pas.

LE PATRON
Ils ne savent pas, Jeanne, n’insiste pas.

LA VOISINE
Il a oublié. Il oublie – ils oublient, tu comprends? Oublie, toi aussi.

LE CHAUFFEUR
Hier, avant-hier, dix ans, un siècle, on s’en fout.

LA SAVANTE
Oui, Jeanne, laisse. (À tous) Laissons, laissez. Laissez le temps, le calcul. Pas d’importance. Ce n’est pas viable – fiable, pardon. Ça n’a plus d’importance, maintenant. Vous savez. Tous les calculs, tous, faux, depuis des lustres, les perspectives, les prévisions, fausses, fausses de A à Z. Tout n’était que mensonges. Il n’y a rien de fiable. Vous savez tout de même.

JEANNE
Plus du tout? rien?

L’HOMME COLÈRE
Voilà, rien – plus – ne parlons plus.

LA COMMÈRE
C’est ça n’en parlons plus.

LA SAVANTE
Ne parlons pas des choses qui brûlent.

Ils font beaucoup d’effort pour se persuader que le consensus est possible et le statu quo honorable    

LE VOISIN
Il est parti Parker, voilà, parti.

LA COMMÈRE
De toute façon ils partent tous.
JEANNE
Je suis fatiguée.

LE CHAUFFEUR
C’est ce que je disais.

LE PATRON
Et tu avais raison de le dire.

LE VOISIN
Oui, parti.

LA COMMÈRE
On n’est pas près de le revoir, il ne reviendra plus, pas plus que tous les autres. Ici, on ne revient pas et c’est très bien comme ça.

LE PÈRE
Allons, n’en parlons plus.

LE CHAUFFEUR
Il y a proscription, euh… prescription.

LA COMMÈRE
Oui.

LE VOISIN
Prescription, voilà.

LE PATRON
Comme tous les autres.

L’HOMME COLÈRE
Partis.

LA SAVANTE
Oui.

LE FILS
Sur la Route du Nord.    

JEANNE
Mais la question alors, la laisser sans réponse?

 

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